Association des anciens élèves du collège Sainte-Marie
Écussion officiel du collège Sainte-Marie
  

VIE DES CONVENTUMS

Les rencontres

Conventum 61

 

Le 50e anniversaire du Conventum 61

Pierre...! Jean...! Jacques...! Gérard...! Non, ce n'était pas l'appel pour les présences à la rentrée collégiale, un matin en rhétorique ou en philo. C'était le moyen original utilisé par le Comité d'organisation et d'accueil du Conventum 61 pour commencer sa soirée de retrouvailles, à l'occasion de son 50e anniversaire. Selon les archives des anciens élèves du collège Sainte-Marie, aucune fouille archéologique n'avait été entreprise, du moins officiellement, pour retrouver les membres notre promotion, évanouis dans le temps et l'espace.

Alors, en octobre 2010, un émule du père Bernard Taché, éminent professeur de biologie, et, comme lui, chercheur, tenace et convaincu de sa réussite, tout en étant très humble, évidemment, a entrepris de convoquer une réunion historique, rien de moins, pour retracer le plus grand nombre possible de confrères et tenter de connaître ce qu'ils sont devenus pendant ce demi-siècle. Or, la liste d'anciens élèves qu'il a reçue de la part de l'Association, comportait bien 113 noms, mais, curieusement, presque tous avaient changé de domicile et de numéro de téléphone et, évidemment, n'avaient laissé aucune trace d'ADN. Les indices s'avéraient bien minces. En fait, la liste révélait que quatre noms seulement avaient des coordonnées exactes, ce qui signifiait qu'il fallait remettre ces informations complètement à jour.

En novembre 2010, nous avons formé un comité d'organisation composé de Yvan Bussières, Guy Dufort, Pierre Fournier, Gérard Latulippe et de Claude Ménard. À l'aide des moyens modernes de communication, nous avons tenté de localiser les endroits probables des nouvelles résidences. Comme la probabilité de tomber sur un bon candidat était semblable à celle de gagner le gros lot de Loto Québec, nous avons dû faire résonner le téléphone presque partout sur la planète, sauf au pôle Nord et dans l'Antarctique. La chance étant quelques fois avec nous, chacun des anciens débusqués nous a donné le nom d'un ou de plusieurs confrères qu'il connaissait, et ainsi, grâce à la collaboration de tous, nous avons pu constituer une liste de 87 noms d'anciens confrères retracés. De ce nombre, 19 nous ont déjà quittés et 31 seulement, ont accepté l'invitation de se rencontrer, le 27 mai 2011, à la salle Dulong de l'Auberge Saint-Gabriel, dans le Vieux-Montréal, sous le thème: 50 ans, il faut fêter ça.

Vous vous demandez encore la raison de ces appels au début? Très simple. Après tellement d'années, le facteur inexorable de changement physique, le tempus, a nécessairement modifié notre apparence physique. Certains étaient craintifs de se présenter aux autres, à cause des nombreux fûts de bière ou de vin qu'ils ont éclusés et qui les obligent à allonger leur ceinture de pantalons, ou à cause du peu de poils isolés qui restent sur leur tête et qu'ils colorent minutieusement. Ils ont eu peur de ne pas être reconnus. Alors, nous avons pensé produire, pour chacun des participants, un cahier-souvenir personnalisé dans lequel figurait une photo prise en 1961, à côté d'une autre beaucoup plus récente. Ces documents furent distribués de façon aléatoire et chacun devait retrouver le collègue correspondant, ce qui a nécessairement entraîné le fait que nous nous sommes tous regardés, salués et serré chaleureusement la main. La bonne humeur s'est emparée de nous et ce, jusqu'à la fin de la soirée. C'était le premier "tempus fugit": manifestement, il avait transformé nos jeunes années.

Puis, après avoir souhaité la bienvenue aux participants, un hommage a été prononcé à l'émérite professeur Jean DuBerger, titulaire de rhétorique C, que nous avions le privilège et le grand honneur de recevoir parmi nous (l'autre distingué professeur invité, Guy Bourgeault n'a pu, malheureusement être présent). Nous lui avons souligné qu'il avait été un capitaine qui a maintenu le cap sur cette formation exceptionnelle que nous avons reçue au collège Sainte-Marie. Par son savoir, son savoir-faire et ses valeurs, il nous a aidés, avec les autres éducateurs de notre alma mater, à éveiller nos talents et à former notre personnalité de manière que nous puissions devenir ce que nous avons été tout au long de nos orientations, chacun à sa manière et sans demi-mesure, comme le disait souvent le père recteur, Réal Lebel, s.j. Nos remerciements et notre profonde reconnaissance furent accompagnés par un souvenir pétillant: en accord avec sa seconde carrière comme spécialiste de la présence du diable dans le folklore québécois, nous lui avons offert un champagne Louis Roederer, "bon en diable".

Vous suivez toujours? Bien! Avant le repas, plusieurs anciens qui oeuvrent à l'étranger ont été nommés dont Paul Gibeau, qui demeure maintenant au pays de Mahatma Gandhi, et Marc Huberdeau, chez l'Oncle Sam. Heureusement que Gérard Latulippe avait éteint son cellulaire, il aurait pu être appelé à tout moment pour la Chine, le Cap-vert ou le Zimbabwe. D'autres n'ont pu se joindre à nous à cause de leur santé précaire: Yvan Bussisères, Jean-Pierre Hurlet, Réal Brault et André Baune. Enfin, en souvenir des confrères et des amis qui nous ont quittés, il y a eu lecture de leurs noms avec tous nos respects. Ce moment de recueillement a été suivi d'un court silence, comme il se doit. Puis ce fut le toast en l'honneur de nos retrouvailles.

Après le souper, Jean Cusson a évoqué quelques souvenirs du collège. Il a surtout insisté sur l'encouragement reçu lors de ses années d'études. N'étant pas très enthousiaste des thèmes et des versions grecques ou latines, il a quand même réussi à compléter son cours classique en pratiquant ce qu'il valorisait le plus, le sport. Par contre, il a adoré ses deux années de philosophie. Il a même remporté un prix d’excellence dans ce domaine. Enfin, il possédait un talent caché pour la rédaction de lettres d'amour. Il a rappelé une anecdote en ce sens à son titulaire, le professeur Jean DuBerger. C’était un secret bien gardé, du moins pour nous, depuis cinquante ans.

Pendant que Jean nous entretenait de ses souvenirs, Michel Fournelle mijotait le second "tempus fugit" de la soirée. Toute une surprise! En effet, il conservait depuis la fin de ses études, une édition spéciale du journal Le Sainte-Marie, publiée en 1963, et dont le directeur était Pierre Boucher. Alors, Michel a savamment moussé la curiosité et l'étonnement en révélant que, non seulement les images pouvaient se conserver longtemps, mais également les idées. Et il en détenait la preuve. Cette édition, donnait une synthèse d'un vaste sondage mené auprès des trois groupes de philos 2. Les sujets variaient grandement. Nous avions alors scruté nos profondes pensées philosophiques sur nous-mêmes, péroré sur la société d'alors, les Pères Jésuites, la politique sociale émergente, l'indépendance du Québec, la bombe atomique et, évidemment, sur les femmes et l'amour. Dès que Michel s'est mis à distribuer les photocopies du journal, qu'il a fait reproduire à ses frais, (tous nos remerciements, Michel), tous ont plongé leur nez dans les pages, comme dans un vieux journal découvert dans les archives du célèbre "enfer" du collège. Force était de constater que le temps, là aussi, avait transformé nos jeunes idées.

Enfin, après avoir parlé de l'Association des anciens élèves du collège Sainte-Marie et de l'importance d'y adhérer pour sa survie à long terme, nous avons terminé la soirée vers 21 h 30 pour permettre aux confrères résidants dans des régions éloignées d'effectuer un excellent retour.

Nous tenons à remercier Pierre Dumas et son épouse, Élaine Cousineau, pour leur aide, leurs conseils et l'autorisation de reproduire, en bonne partie, leur lettre d'invitation. Merci également à Guy Dulude, C. 48, et à Jacques-Marie Gaulin, C.48. Enfin, sincères remerciements aux "paparazzi" qui ont immortalisé cet événement historique. Ils ont mitraillé les vedettes pendant toute la soirée au point où nous sommes tous ressortis un peu plus basanés par l'éclair des flashs. Merci aussi aux membres du Comité d'organisation pour leur choix de l’Auberge du Saint-Gabriel, pour la fructueuse collaboration et pour les décisions prises. Enfin, toute notre reconnaissance à tous ceux et celles qui nous ont aidés à faire de ces retrouvailles du Conventum 61 un succès au-delà de toutes nos attentes..

Claude Ménard, au nom du Comité d’organisation

Les photos ont été prises par Serge Gendron, Claude Ménard, Jules Nadeau et Jean-Louis Tirman du C. 61 ainsi que par Jacques D. Girard, du C. 59.

Les identifications sur la photo du groupe au complet ont été faites par Gilles Dubuc, C.61.
Les légendes des photos ont été rédigées par Claude Ménard, Jules Nadeau et Jacques D. Girard.

 

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