Association des anciens élèves du collège Sainte-Marie
Écussion officiel du collège Sainte-Marie
  

SOUVENIRS

Comme si c'était hier...

TÉMOIGNAGE RENDU AU PÈRE ADRIEN LÉONARD LORS DE SES FUNÉRAILLES

CÉLÉBRÉES À 14 HEURES LE VENDREDI 8 JANVIER 2016

EN L’ÉGLISE DE LA PAROISSE SAINT-VINCENT-FERRIER DE MONTRÉAL

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Chers parents et amis, et  chers confrères jésuites du Père Léonard,

C’est à vous, cher Père Léonard, que je m’adresse en premier lieu.

Je ne vous cacherai pas que j’ai beaucoup peiné à rassembler les idées qui me permettent ici aujourd’hui de vous livrer un message d’adieu qui reflète le modèle d’obéissance, d’humilité et d’abnégation que vous avez développé au fil des ans!

             Pour parodier Cicéron, je passerai sous silence ces faits trop antiques : les 10 années où vous avez œuvré comme professeur, préfet de discipline, préfet des études et directeur spirituel au collège Sainte-Marie, et les 5 années où vous avez dirigé la maison de retraite Val-Racine à Chicoutimi.

             Je retiendrai surtout qu’à l’âge de 49 ans, vous avez respecté votre vœu d’obéissance au pape, acceptant de bon cœur de vous rendre à une demande transmise au Père Larivière, alors Provincial,  pour  devenir missionnaire  au Sénégal. Vous y avez passé les 2/3 de votre vie active de prêtre, et la bibliothèque du centre culturel que vous avez ouvert à Tambacounda vous fait l’honneur aujourd’hui de porter votre nom.

À l’instar de plusieurs de vos confrères jésuites, vous avez prononcé vos derniers vœux le 15 août 1960, jour de la fête de l’Assomption. En un sens, vous avez copié saint Ignace qui avait aussi retenu cette date pour prononcer ses  vœux de pauvreté et de chasteté à Montmartre avant de cheminer vers Jérusalem. Cette date du 15 août est profondément ancrée dans mon coeur, car c’est un 15 août que j’ai convolé en justes noces dans un mariage qui dure depuis 52 ans.
Je retiens aussi qu’avant votre départ pour Chicoutimi, en 1968, vous m’aviez confié la direction et les destinées du cours pré-collégial. Au terme de cette année académique, le Sainte-Marie, fondé en 1848, fermait les portes qu’il avait ouvertes 120 ans plus tôt.

Dans une entrevue que vous accordiez en 2003 à la revue missionnaire le BRIGAND, vous souligniez le fait que vous avez toujours préféré les ouvertures aux fermetures…

 

2.

De retour au Québec, la communauté du Gesù vous ouvrait ses portes. Vous avez alors exercé divers ministères dans les paroisses de Montréal. Puis vous avez séjourné quelque temps à la Maison Bellarmin où je vous ai rencontré l’automne dernier pour la dernière fois. Vous m’avez accompagné au petit-déjeuner, à la cafétéria de la Maison, mais quelques minutes plus tard, vous me  demandiez de vous ramener à votre  chambre. À ce moment-là, vous attendiez votre transfert à Richelieu…

L’inévitable s’est produit le 2 janvier 2016, 9 mois jour pour jour après le départ du Père Jean-Marc Dufort, un autre ancien professeur du collège Sainte-Marie. Votre décès ne m’a pas surpris, mais il m’a beaucoup affecté comme a pu le constater le Père Bélanger.
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Chers membres de l’assistance,
Vous savez, pour l’avoir côtoyé, que le Père Adrien Léonard, le jésuite - l’homme dont la vie a été un don total et continuel - vous savez qu’il a vécu pour les autres, pour les démunis, et plus particulièrement pour les pauvres. Il nous laisse en héritage l’exemple de ses vertus : son grand esprit de foi, sa patience héroïque dans les épreuves, son remarquable esprit de travail, son amour des siens et des autres, sa soumission entière à la volonté du Père. « Que ta volonté soit faite et non la mienne », se plaisait-il à répéter.

À ses 88 ans, il se demandait, sourire en coin, pourquoi le Père ne se pressait pas davantage pour rappeler au paradis les vieux jésuites comme lui.

Il a eu le temps de voir venir la mort : il était prêt. 

Lui qui a toujours préféré les ouvertures aux fermetures, comme il devait être heureux de voir les portes du Ciel s’ouvrir devant lui! Et quel accueil il a dû recevoir là-haut!

Dans la plénitude de notre Dieu d’amour, rappelons-nous qu’un être humain qui s’éteint, ce n’est pas un mortel qui finit; c’est un immortel qui commence. Qu’il repose en paix!         

LAUS DEO SEMPER
                                                                                                     
Bernard Downs, 8 janvier 2016, C. 59